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Alerte enlèvement : faciliter la reconnaissance d’enfants disparus

31 août 2009 par Frank Arnould

Quelle sorte de photographie devrait-on diffuser auprès du public afin d’accroître les chances de retrouver un enfant disparu ?

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C’est en février 2006 que la France lance le dispositif « Alerte Enlèvement ». Cette procédure consiste à diffuser des messages dans différents médias afin d’informer le public de la disparition d’un enfant. Ces alertes sont accompagnées de la photographie de la jeune victime et de sa description physique. Choisir la photographie avec soin est donc une étape cruciale de l’enquête. De cette décision dépendra la facilité avec laquelle des témoins oculaires pourront se souvenir d’avoir croisé l’enfant disparu en le reconnaissant sur le cliché.

Les résultats publiés par des psychologues américains devraient aider les enquêteurs à parfaire ce choix (Gier & Kreiner, 2009). Dans deux études, de jeunes adultes visionnent tout d’abord des visages d’enfants. Dans certains cas, ces visages sont propres et joyeux. Dans d’autres cas, ils sont tristes, présentent un aspect négligé, des traces de blessures et d’ecchymoses (ces derniers éléments étant ajoutés à l’aide d’un logiciel de retouche photographique). Quelques temps plus tard, les participants sont invités à reconnaître les visages étudiés parmi de nouveaux.

Les chercheurs font une constatation importante. Un enfant disparu aurait notamment plus de chance d’être reconnu si son apparence physique sur la photographie est similaire à celle qu’il arborait quand le témoin oculaire l’a croisé. En effet, dans ces deux expériences, les enfants dont les visages sont propres et joyeux sont ensuite mieux identifiés s’ils présentent cette même apparence au moment de leur reconnaissance. De même pour les enfants tristes et présentant un aspect négligé. Ce phénomène persiste quand différents intervalles de temps séparant la phase d’étude de celle de reconnaissance sont testés (bien que la mémoire des « témoins » s’affaiblisse quand la durée des délais augmente).

Les auteurs de ces études pensent donc que les parents devraient fournir aux autorités différentes photographies de l’enfant disparu, l’une le présentant avec une expression positive et un visage net, l’autre avec une expression négative et un visage plus négligé. « Si ces deux types d’apparence physique sont diffusés auprès du public ou de témoins oculaires éventuels, […] les chances de reconnaître l’enfant pourraient être plus grandes », concluent-ils (p. 983, notre traduction).

Dans les affaires au cours desquelles le plan Alerte Enlèvement a été déclenché en France, une seule photographie de l’enfant a été communiquée. Sur celle-ci, il arborait toujours un visage net et une expression positive dans la majorité des cas.

Référence :

Gier, V. S., & Kreiner, D. S. (2009). Memory of children’s faces by adults : Appearance does matter. Applied Cognitive Psychology, 23(7), 972-986.

Mots clés :

Témoignage oculaire – Enfants disparus – Kidnapping - Mémoire – Reconnaissance de visages – Intervalle de rétention – Cognition – Apparence physique – Enlèvement d’enfants – Photographie – Adultes

Crédit image :

Wikimedia Commons