• Accueil
  • Actualités
  • CBCA et crédibilité des allégations d’agressions sexuelles chez l’enfant : étude sur le terrain

CBCA et crédibilité des allégations d’agressions sexuelles chez l’enfant : étude sur le terrain

6 mai 2011 par Frank Arnould

Une analyse du contenu verbal des déclarations (CBCA) permet de distinguer avec précision vraies et fausses allégations d’agressions sexuelles de la part d’enfants, mais des erreurs de classification sont aussi commises.

PNG - 47.3 ko

L’Analyse du contenu fondée sur des critères (CBCA – Criteria-Based Content Analysis) est l’une des quatre étapes de l’Analyse de la validité des déclarations (SVA – Statement Validity Analysis), ensemble de procédures destiné à évaluer la véracité des allégations d’agressions sexuelles chez l’enfant. La CBCA consiste à repérer, dans les retranscriptions des auditions, la présence de dix-neuf critères de sincérité. Plus ces critères seraient présents, plus les propos des enfants seraient sincères.

Une nouvelle étude britannique, portant sur des auditions réelles d’enfants, montre à la fois l’intérêt de cette technique et ses limites. Deux personnes, formées à la CBCA, ont codé les allégations d’agressions sexuelles de trente-et-un enfants et adolescents (âgés de 6 à 17 ans), recueillies au cours d’interrogatoires de police, puis ont formulé un avis sur leur crédibilité. Sur la base de preuves indépendantes, vingt et une de ces allégations se sont révélées être sincères, les dix autres ayant été fabriquées. Pour ne pas influencer leurs jugements, les deux codeurs n’ont pas été informés du degré de véracité des déclarations qui ont été soumises à leur analyse.

Conformément aux attentes, les critères CBCA ont été plus nombreux dans les déclarations véridiques que dans les déclarations mensongères. L’un des deux codeurs a classé avec précisions 84 % des allégations (95 % des allégations sincères et 60 % des allégations fabriquées). Le second codeur, pour sa part, a classé avec justesse 81 % des témoignages (81 % des allégations sincères et 81 % des allégations fabriquées).

Les deux codeurs ont émis des jugements opposés dans sept cas d’allégations, soit 22 % des affaires qu’ils ont eu à traiter. Dans six de ces cas, les scores CBCA globaux n’étaient pourtant pas significativement différents entre les deux évaluateurs. Dans le cas restant, l’un des codeurs a obtenu un score CBCA global plus élevé que celui de son collègue, et a déclaré sincère une allégation en fait fabriquée.

Les auteurs de l’étude ont aussi noté que les scores CBCA n’ont pas été directement traduits en décisions concernant la crédibilité des allégations, mais que d’autres facteurs, plus subjectifs, sont entrés en jeu. Cette constatation, ont-ils conclu, pourrait remettre en question la fiabilité de cette méthode.

Référence :

Akehurst, L., Manton, S., & Quandte, S. (2011). Careful calculation or a leap of faith ? A field study of the translation of CBCA ratings to final credibility judgements. Applied Cognitive Psychology, 25(2), 236-243.

Mots clés :

Agressions sexuelles – Abus sexuel – Allégation – Détection du mensonge – CBCA – Enfants – Mineurs – Adolescents

À lire également sur PsychoTémoins :

Fiche méthodologique n° 1. Évaluer la crédibilité des témoignages : la Criteria-Based Content Analysis (CBCA)

Sous-rubrique Actualités de la recherche – Témoignages d’enfants

Sous-rubrique Actualités de la recherche – Mensonge et détection du mensonge

Crédit photo :

Sazzy B
Certains droits réservés (Licence Creative Commons)