Comment le cerveau peut-il éviter les faux souvenirs ?

20 janvier 2012 par Frank Arnould

La communication entre hémisphères cérébraux réduirait la production de faux souvenirs.

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Quand les hémisphères cérébraux communiquent entre eux, la production de faux souvenirs est réduite, tout au moins quand cette communication s’établit dans une direction particulière. C’est la découverte que vient de faire Susanne Bergert, de l’Université RWTH d’Aachen en Allemagne.

Pour constater cela, des individus âgés de 12 à 73 ans ont été soumis à une tâche DRM. Dans cette épreuve, les faux souvenirs ont été détectés chaque fois que les participants avaient reconnu des mots non étudiés, dits les leurres critiques (par exemple, Sommeil), parce qu’ils étaient sémantiquement associés aux mots présents dans les listes à mémoriser (par exemple, Repos, Sieste…).

Les participants ayant mémorisé les mots avec leur hémisphère droit, et s’étant servis de leur hémisphère gauche pour les reconnaître, ont produit un moins grand nombre de faux souvenirs que les participants ayant mémorisé les mots avec leur hémisphère gauche et ayant dû les reconnaître avec leur hémisphère droit. C’est en fonction du champ visuel dans lequel étaient présentés les mots pendant l’étude et pendant le test de reconnaissance que l’hémisphère droit ou gauche était sollicité. Quatre situations expérimentales ont donc été comparées : « droit - droit », « droit - gauche », « gauche - gauche », « gauche - droit ».

Les résultats ont également montré que cette réduction des faux souvenirs provenait certainement du fait que dans la condition « droit vers gauche », les participants avaient utilisé un critère de décision plus strict avant de désigner un mot comme ancien (étudié) ou nouveau. D’ailleurs, dans cette condition, les sujets ont aussi reconnu un moins grand nombre de mots étudiés.

De plus, l’avantage « droit vers gauche » sur la réduction des faux souvenirs a été constaté dans tous les groupes d’âge, un fait qui suggère que ce phénomène « pourrait constituer un principe général de l’organisation du cerveau » (notre traduction). Toutefois, a précisé l’auteur de l’étude, des travaux supplémentaires devront vérifier si cet effet est déjà présent chez les jeunes enfants, et pour analyser la manière dont il se développe.

Référence :

Susanne, B. (2013). How do our brain hemispheres cooperate to avoid false memories ? Cortex, 49(2), 572–581. doi:10.1016/j.cortex.2011.12.004

Mots clés :

Faux souvenirs - Paradigme DRM - Mémoire - Transfert interhémisphérique - Cognition - Adultes

Crédit image :

lapolab
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