Croyances sur la fiabilité de la mémoire enfantine

4 août 2010 par Frank Arnould

Hommes et femmes expriment parfois des idées différentes sur l’évolution de la fiabilité de la mémoire enfantine.

PNG - 103.9 ko
Comment les adultes perçoivent-ils la fiabilité et l’honnêteté des souvenirs d’enfants d’âges différents ?

Avec ses collègues, le psychologue Daniel Wright, de l’Université internationale de Floride, aux États-Unis, juge qu’il est important de mieux cerner les conceptions profanes portant sur le développement de la mémoire. Les témoignages d’enfants sont en effet souvent au cœur d’affaires judiciaires (Wright, Hanoteau, Parkinson, & Tatham, 2010).

Son équipe de recherche vient justement de publier les résultats d’une étude qui sonde les croyances de plus de six cents adultes à propos de la fiabilité de la mémoire et de l’honnêteté des témoignages d’enfants et d’adolescents.

Les participants prennent tout d’abord connaissance d’une affaire de justice mettant en cause un individu poursuivi pour violence conjugale ou acte de pédophilie. Le seul témoin du crime présumé est une fille ou un garçon de trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, douze, quinze ou dix-huit ans. Les sujets sont ensuite invités, entre autres, à évaluer la fiabilité de la mémoire du jeune témoin et l’honnêteté de son témoignage.

Les participants pensent que la fiabilité de la mémoire s’améliore rapidement de trois à six ans. Au-delà, hommes et femmes expriment des idées différentes. Les hommes estiment que la fiabilité mnésique continue à se perfectionner, mais plus lentement que durant les années précédentes. Les femmes jugent qu’elle ne progresse plus entre l’enfance moyenne et l’adolescence.

Les participants estiment aussi que l’honnêteté du témoignage se bonifie avec l’âge, jusqu’à cinq ou six ans. Au-delà, les garçons seraient moins susceptibles de dire la vérité, mais l’honnêteté des filles continuerait à s’améliorer. Cependant, quand les témoins ont atteint l’âge de dix-huit ans, l’honnêteté des témoignages des filles et des garçons est perçue comme étant identique.

Les adultes, concluent les chercheurs, sont d’accord pour considérer que la fiabilité et l’honnêteté des souvenirs s’améliorent jusque vers six ans. Après cette période, des variations sont constatées. Cela suggère, poursuivent-ils, que des désaccords risquent d’apparaître pendant la délibération d’un jury devant évaluer la crédibilité du témoignage fourni par un adolescent, ainsi que sur le poids à accorder à un tel témoignage au moment de décider de la culpabilité de l’accusé.

Référence :

Wright, D. B., Hanoteau, F., Parkinson, C., & Tatham, A. (2010). Perceptions about memory reliability and honesty for children of 3 to 18 years old. Legal and Criminological Psychology, 15(2), 195-207.

Mots clés :

Témoignage oculaire – Conception profane – Jurés – Fiabilité des témoignages – Honnêteté – Âge – Sexe – Enfants – Adolescents – Adultes

Crédit photo :

_Zeta_
Certains droits réservés (Licence Creative Commons)