Des enquêteurs sous l’influence d’un témoin ?

26 juin 2006 par Frank Arnould

Dahl, Lindsay & Brimacombe (2006) ont demandé à des étudiants de jouer le rôle d’un policier. Leur travail consistait à interroger le témoin d’un vol (un complice de l’expérience). Après l’interrogatoire, les "enquêteurs" devaient consulter une base de données de délinquants et, à partir de différentes informations (description physique, empreintes digitales, alibi, antécédent criminel...), désigner un suspect et évaluer la probabilité de sa culpabilité. Les participants organisaient ensuite avec le témoin une séance de tapissage comprenant le suspect. Après cette séance, les enquêteurs devaient de nouveau estimer la probabilité de la culpabilité de leur suspect.

Quand le témoin choisissait dans le tapissage le même suspect que les enquêteurs, la probabilité de la culpabilité était jugée plus élevée par rapport à l’évaluation initiale. Inversement, si le témoin identifiait un distracteur ou ne faisait aucun choix, la probabilité de culpabilité chutait. Pourtant, des preuves objectives fortes avant le tapissage avaient été découvertes et les enquêteurs indiquaient ne pas faire confiance au témoin !

Ces résultats sont toutefois le fruit d’une simulation avec des étudiants qui n’avaient pas d’expertise dans les enquêtes de police. Une réplication de cette étude avec des policiers expérimentés est bien évidemment nécessaire pour confronter les résultats.

Référence :

Dhal, L., Lindsay, D.S., & Brimacombe, C.A.E. (2006). Investigating investigators : Examining witnesses’ influence on investigators. Law and Human Behavior, 30, 707-732.