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Description verbale et identification du suspect : l’ombre des mots sur le souvenir du visage

17 mars 2006 par Frank Arnould

L’une des premières tâches d’un témoin est de fournir aux enquêteurs une description verbale des caractéristiques physiques de l’auteur du crime, en particulier celles de son visage. Une telle description a t-elle une incidence sur l’aptitude du témoin à identifier ultérieurement le coupable ?





 Introduction

L’audition d’un témoin oculaire débute souvent par la description verbale de l’apparence physique de l’auteur du crime. Ce rapport verbal servira à identifier et à appréhender un suspect. Décrire le visage du malfaiteur devrait aider le témoin à consolider ses souvenirs et à identifier plus aisément le suspect, par exemple au cours d’une séance de tapissage. Pourtant, en 1990, Schooler & Engstler-Schooler ont publié une série d’expérimentations dont les conclusions sont surprenantes. Les sujets visionnaient tout d’abord une vidéo relatant une scène de vol. Ceux du groupe expérimental devaient ensuite décrire verbalement le visage du voleur, alors que ceux du groupe contrôle effectuaient à la place une tâche sans lien avec la première phase de l’expérience. Les auteurs ont constaté que les sujets ayant verbalisé le visage l’identifiaient moins bien au cours du tapissage que les sujets du groupe contrôle. Les deux auteurs ont nommé ce phénomène l’effet d’ombrage verbal (verbal overshadowing). Ils ont également constaté que :

- c’est bien la verbalisation qui est en cause, puisque le fait de visualiser mentalement le visage ne suscite pas le même effet sur l’identification (expérience 2) ;
- l’effet est généralisable à un autre stimulus non verbal : la couleur (expérience 3) ;
- la verbalisation des phrases prononcées n’affecte pas leur mémoire et l’améliore même légèrement (expériences 4 et 5) ;
- l’effet d’ombrage verbal émerge même lorsque la description est faite deux jours après la présentation des stimuli (expérience 5) ;
- l’effet est réversible lorsque les sujets doivent reconnaître rapidement le visage (expérience 6).

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Paradigme expérimental de l’ombrage verbal

La collecte de la description verbale du visage de l’auteur d’un crime étant une pratique courante au cours d’une enquête, les résultats de Schooler et Engstler-Schooler (1990) sont potentiellement alarmants : verbaliser un visage pourrait réduire la probabilité qu’un témoin puisse identifier ensuite le coupable. Que sait-on aujourd’hui sur l’ombrage verbal des visages ? Faut-il réellement s’en inquiéter ?

 L’ombrage verbal : un phénomène général ?

Outre la reconnaissance des visages (voir, par exemple Dodson, Johnson & Schooler, 1997 ; Fallshore & Schooler, 1995 ; Ryan & Schooler, 1998 ; Schooler & Engstler-Schooler, 1990 ), l’ombrage verbal a été observé dans d’autres tâches mnésiques impliquant des stimuli non verbaux comme la couleur (Schooler & Engstler-Schooler, 1990), des formes visuelles (Bradimonte, Hitch & Bishop, 1992), des cartes (Fiore & Schooler, 2002), le goût du vin (Melcher & Schooler, 1996), des voix (Perfect, Hunt & Harris, 2002, Vanags, Carroll & Perfect, 2005), et pendant la récupération mnésiques d’analogies verbales (Lane & Schooler, 2004). Il a été également observé dans des tâches non mnésiques comme la résolution de problèmes par insight (Schooler, Ohlsson & Brooks, 1993), la prise de décision (Wilson & Schooler, 1991) ou encore le raisonnement visuo-spatial (DeSchon, Chan & Weissbein). Autrement dit, dès que des informations sont difficilement verbalisables (généralement des stimuli non verbaux), un effet d’ombrage verbal est possible.

Quelle est la magnitude de cet effet ? En 2001, Meissner & Brigham ont publié les résultats d’une méta-analyse de quinze études indiquant que la verbalisation d’un visage augmente de 1,27 fois la probabilité de mal l’identifier par la suite. L’effet est faible mais néanmoins statistiquement significatif.

En fait, si des études ont bien réussi à répliquer un effet d’ombrage verbal dans la reconnaissance de visages ou de voix (par exemple, Dodson, Johnson & Schooler, 1997 ; Fallshore & Schooler, 1995 ; Perfect et al., 2002 ; Ryan & Schooler, 1998 ; Schooler & Engstler-Schooler, 1990 ), d’autres études n’y sont pas parvenues (par exemple : Kitagami, Sato, Yoshikawa, 2002 ; Meissner, Brigham & Kelley, 2001 ; Memon & Rose, 2001), voire même ont obtenu une amélioration de la mémoire dans certaines circonstances après la verbalisation (Itoh, 2005 ; Lyle & Johnson, 2004). L’ombrage verbal serait donc un phénomène fragile (Meissner, Sporer & Schooler, 2007)

 Quelles sont les conditions favorisant ou non l’apparition de l’effet d’ombrage verbal ?

Les consignes données aux témoins. La méta-analyse de Meissner & Brigham (2001) avait déjà montré que l’ombrage verbal est sensible au type d’instruction donné au sujet pour décrire le visage, autrement dit, la façon dont on lui demande de le verbaliser. Des instructions élaborées, lui permettant de deviner certains éléments, favoriseraient l’apparition du phénomène (Finger & Pezdek, 1999 ; MacLin, Tapscott & Malpass, 2002 ; Meissner, 2002 ; Meissner & Brigham, 2001 ; Meissner, Brigham & Kelley ; 2001).

Par exemple, Meissner, Brigham & Kelley (2001) ont comparé trois consignes de description d’un visage :

- la consigne standard de rappel libre : il est demandé aux participants de décrire à quoi ressemble l’individu, de manière suffisamment détaillée pour qu’une autre personne puisse la reconnaître sur la base de cette description ;
- La consigne de rappel forcé et élaboré : aux instructions standards est ajoutée la demande de décrire sans laisser des détails de côté, même si les participants les trouvent peu importants ou s’ils ressentent le besoin de les deviner. Ce type d’instruction peut donc encourager la production d’ erreurs ;
- La condition d’avertissement : outre les instructions standards, il est demandé aux participants de décrire uniquement les détails pour lesquels ils se sentent sûrs d’eux, sans essayer de deviner quoi que ce soit.

Un effet d’ombrage verbal est constaté au cours d’une parade d’identification chez les participants ayant décrit le visage selon la consigne de rappel forcé et élaboré.

Toutes les recherches ne sont cependant pas concordantes sur ce point. Par exemple, Brown & Lloyds-Jones (2002) ont observé que, dans certaines conditions, une consigne qui encourage une description correcte d’aspects particuliers d’un visage suscite un effet d’ombrage verbal, contrairement à une consigne élaborée. Le paradigme expérimental particulier utilisé par ces chercheurs pourrait être à l’origine de ce désaccord.

Le délai entre la tâche de description et l’identification. La méta-analyse de Meissner & Brigham (2001), montre que l’ombrage verbal apparaît essentiellement lorsque l’identification suit immédiatement ou après un délai court (inférieur ou égal à dix minutes) la description verbale.

Le temps de décision. Schooler & Engstler-Schooler, (1990) ont montré que si l’on demande aux sujets de reconnaître rapidement (en 5 secondes) un visage, l’effet d’ombrage verbal est éliminé. Pour les auteurs, ce résultat indique que le code visuel du visage est finalement préservé. Lorsque le temps de décision est plus long, le code verbal issu de la description serait privilégié.

Similitude entre visage cible et distracteurs au moment de l’identification. Kitagami et al. (2002) ont montré que l’effet d’ombrage verbal est évident dans une tâche de reconnaissance lorsque la similitude entre le visage cible (celui qui a été mémorisé) et les distracteurs est élevée, mais pas lorsqu’elle est faible. D’un point de vue pratique, ce résultat, s’il est confirmé, pourrait rendre encore plus difficile la construction d’une parade d’identification. En effet, pour éviter de biaiser un tapissage, il est recommandé de faire en sorte que le suspect ne soit pas trop distinct des autres membres présents dans la parade.

Similitude entre le stimulus d’encodage et le stimulus de test. L’apparition d’un effet d’ombrage verbal serait plus probable si le stimulus étudié est présenté différemment au moment du test (Dodson et al., 1997 ; Fallshore & Schooler ,1995 ; Perfect ; 2003 ; Ryan & Schooler, 1998 ; Schooler & Engslter-Schooler ; 1990 ; Westerman & Larsen, 1997 ).

Variabilités interindividuelles et intraindividuelles

- L’effet de l’âge. Memon & Rose (2001) n’ont pas trouvé d’effet d’ombrage verbal du visage chez des enfants de 8-9 ans. Memon & Bartlett (2002) ont constaté un effet de faible amplitude chez des adultes de 18 à 30 ans et des sujets âgés de 60 à 80 ans. Dans cette expérience, l’ombrage verbal n’est pas lié à l’âge des participants.

- Expertise, styles cognitifs, aptitudes perceptives et verbales. La situation d’ombrage verbal fait intervenir des processus perceptifs et verbaux. Des variabilités individuelles dans ces processus pourraient-elles moduler l’ampleur du phénomène, comme par exemple, l’expertise dans le traitement de stimuli, la manière habituelle de traiter des informations (le style cognitif) ou les aptitudes verbales ?

Plus on serait expert dans le traitement de stimuli sensibles à l’effet d’ombrage verbal, plus cet effet serait probable. Fallshore & Schooler (1995) ont effectivement montré qu’un effet d’ombrage verbal existe lorsque les sujets doivent identifier un visage issu du même groupe ethnique (pour lequel ils sont experts), mais non pour celui de personnes issues d’un groupe différent (pour lequel on peut considérer qu’ils sont plus novices).

Ryan & Schooler (1998) ont constaté que l’ombrage verbal de visages est modulé par les aptitudes perceptives et verbales. Lla verbalisation du visage a un effet plus néfaste chez des sujets ayant des aptitudes perceptives élevées et de faibles aptitudes verbales. Memon & Bartlett (2002) ont trouvé dans leur recherche un faible effet d’ombrage verbal qui n’est pas lié à une mesure de l’expertise dans la reconnaissance des visages (le test de reconnaissance des visages de Benton) ni à l’aptitude verbale. Dans cette dernière étude, la consigne de description aurait pu minimiser l’effet d’ombrage verbal.

L’étude des variabilités interindividuelles et intraindividuelles dans l’effet d’ombrage verbal est encore un domaine qui reste à défricher. Dans certaines recherches, l’absence de modulation par ces facteurs est à mettre sur le compte de procédures méthodologiques ayant probablement minimisé l’apparition du phénomène.

 Les théories de l’ombrage verbal

L’interférence par recodage verbal. Selon cette théorie, la verbalisation crée un nouveau code verbal à partir du code visuel du visage. Ce code verbal est appauvri et incorrect en raison des difficultés à décrire avec des mots un stimulus non verbal comme le visage. Au moment de l’identification, c’est ce code verbal qui serait utilisé par un processus d’interférence rétroactive sur le code visuel (Schooler & Engstler-Schooler, 1990). Le nouveau code verbal agit en quelque sorte comme une information trompeuse générée par le sujet lui-même au moment de la description.

Des résultats expérimentaux semblent étayer cette hypothèse. En particulier, si cette hypothèse est vraie, il devrait exister une relation entre les descriptions produites et la performance de l’identification. Des études ont effectivement rapporté que l’identification d’un visage est perturbée quand les participants ont produit un grand nombre de détails incorrects pendant la verbalisation, (Finger & Pezdek, 1999 ; MacLin et al., 2002 ; Meissner, 2002 ; Meissner et al., 2001).

D’autres résultats posent des difficultés à cette théorie. Quatre classes de contre-arguments sont généralement invoquées (Schooler, 2002).

- La liaison entre la nature de la description produite et la performance de l’identification d’un visage n’est pas toujours reproduite (par exemple, Memon & Rose, 2001 ; Pigot & Brigham, 1985 ; Schooler & Engstler-Schooler, 1990).

- Des travaux indiquent que l’ombrage verbal est possible quand le visage qui est décrit n’est pas celui qui doit être identifié (Dodson et al. , 1997). Dans la recherche de Brown & Lloyd-Jones (2002), la description d’un visage perturbe la reconnaissance d’autres visages qui ont été présentés avant lui. Westerman & Larsen (1997) ont montré que la reconnaissance d’un visage est perturbée après la description d’un stimulus de nature différente : une automobile ! Décrire un visage peut aussi perturber la reconnaissance d’automobiles (Brown & Jones, 2003).

- Il est possible d’observer un phénomène d’ombrage verbal sans tâche de verbalisation. Par exemple, les sujets de l’étude de MacRae & Lewis (2002) ont visionné la même séquence vidéo que celle utilisée par Schooler & Engstler-Schooler (1990). Les sujets devaient ensuite réaliser une tâche d’identification de lettres : on leur présente des lettres de l’alphabet, elles-mêmes constituées de lettres plus petites (par exemple, un T composé de S). Les sujets dont la tâche était d’identifier les petites lettres manifestent un effet d’ombrage verbal du visage, mais pas les sujets devant identifier les lettres larges. Ces derniers identifient d’ailleurs bien mieux le visage que les sujets du groupe contrôle !

- Finger (2002) a montré que l’effet d’ombrage verbal peut être supprimé lorsque, après la verbalisation d’un visage, des sujets réalisaient une tâche non verbale (compléter un labyrinthe ou écouter de la musique).

Le transfert inapproprié du traitement. Les difficultés de la théorie de l’interférence par recodage verbal ont incité des chercheurs à proposer un autre cadre théorique pour expliquer l’ombrage verbal. Selon la théorie du transfert inapproprié du traitement (transfer-inappropriate processing), la description verbale induirait un mode de traitement qui serait inadéquat avec la tâche d’identification. Cette approche permet de mieux comprendre pourquoi Finger (2002) a trouvé que des tâches non verbales effectuées après la verbalisation supprimaient l’ombrage verbal : ces tâches restauraient en fait les traitements perceptifs utilisés pendant la phase d’étude du visage.

Mais de quels types de traitement s’agit-il ? Un visage est généralement perçu de manière holistique, en fonction de sa configuration globale, et non pas selon ses caractéristiques locales. Or, la description du visage encourage une analyse de ses aspects locaux, plus facilement verbalisables. Ce type de traitement serait ensuite appliqué de manière inappropriée au moment de l’identification.

L’hypothèse global/local permet de mieux comprendre certains résultats déjà évoqués. Par exemple, rappelons que MacRae & Lewis (2002) ont constaté qu’une tâche d’identification de lettres orientée vers un traitement local produit un effet d’ombrage verbal mais pas une tâche d’identification orientée vers un traitement global (voir aussi, Pezdek, 2003). De même, plus on est expert dans le traitement des visages, plus le traitement est configural. Que Fallshore & Schooler (1995) aient trouvé un effet d’ombrage verbal pour les visages de la même ethnie que les sujets et non pour ceux d’une ethnie différente est un résultat devant moins étonnant si on l’interprète dans ce cadre théorique.

D’autres processus ont été proposés. Schooler (2002) estime que la verbalisation est un processus sous le contrôle du sujet alors que la reconnaissance serait automatique. Après la description verbale d’un visage, l’utilisation de processus contrôlés seraient inappropriée. Des résultats expérimentaux confirment cette idée. Des auteurs ont constaté que le temps de décision après verbalisation pour identifier un visage est plus long, ce qui serait indicatif de l’utilisation d’un traitement contrôlé. De plus, Schooler & Engstler-Schooler (1990) avaient déjà noté que l’ombrage verbal est éliminé quand les sujets sont forcés à reconnaître rapidement le visage.

Schooler (2002) a également proposé une hypothèse neuropsychologique de la théorie du transfert inapproprié du traitement. Les processus perceptifs activeraient l’hémisphère droit du cerveau alors que la verbalisation activerait l’hémisphère gauche. La description verbale modifierait l’activation relative des deux hémisphères de telle sorte que les sujets utiliseraient moins leur hémisphère droit que leur hémisphère gauche au moment de l’identification, ce qui s’avérerait inadéquat.

La théorie du transfert inapproprié du traitement rend compte d’un certain nombre de résultats expérimentaux, mais ne permet pas de comprendre pourquoi, dans certains cas, il existe une relation entre les descriptions du sujet et la performance de l’identification. De plus, il reste à comprendre comment l’utilisation d’un processus peut désactiver et se substituer un autre processus de traitement.

Le changement de critère de décision. Pour Clare & Lewandowski (2004), la description verbale pourrait changer le critère de décision utilisé pour reconnaître un visage : plus prudents, les témoins seraient moins disposés à choisir un individu dans un tapissage. Confirmant cette hypothèse, les auteurs ont observé que dans un tapissage avec cible présente, la verbalisation détériore l’identification quand les sujets ont la possibilité de ne pas faire de choix, mais pas quand les sujets sont forcés à identifier un individu. Dans un tapissage avec cible absente, la verbalisation améliore la précision : étant plus prudents, les sujets font évidemment plus de rejets corrects.

Cependant, cette hypothèse se heurte à plusieurs autres résultats expérimentaux. Par exemple, Meissner (2002) a constaté un effet d’ombrage verbal dans un tapissage avec cible absente. Un ombrage verbal est apparu dans l’étude de Fallshore & Schooler (1995) alors que le choix était forcé.

La théorie des traces floues. En 1998, Schooler avait proposé de conceptualiser l’ombrage verbal dans le cadre de la théorie des traces floues (fuzzy-trace theory). Selon cette théorie, les informations peuvent être stockées en mémoire selon deux formats : des traces représentant le sens général (gist traces) et des traces représentant des items spécifiques, les détails (verbatim traces). Au moment de la verbalisation, un changement vers des traces générales est opéré, ce qui rendrait l’accès aux traces spécifiques plus difficile. L’identification est donc ensuite perturbée puisque, généralement, les distracteurs sont choisis pour être similaires au visage cible. A notre connaissance, l’application de la théorie des traces floues à l’effet d’ombrage verbal n’a pas été testée directement dans la littérature.

Résumé. Comme le suggère Meissner et al. (2007), il est probable qu’il n’existe pas une seule explication de l’effet d’ombrage verbal. Selon les conditions, l’une des théories est plus valide qu’une autre pour comprendre les résultats empiriques.

 Conclusion

L’idée selon laquelle la description verbale de l’apparence physique d’un malfaiteur peut réduire la capacité d’un témoin à l’identifier a des conséquences importantes d’un point de vue légal. Toutefois, si certaines études ont bien certifié l’existence de l’ombrage verbal, d’autres ont aussi montré qu’il s’agissait d’un phénomène fragile.

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