Discussions entre témoins : une enquête en Australie

17 mai 2006 par Frank Arnould

Lors de l’enquête sur l’explosion d’une bombe dans un immeuble à Oklahoma City (Etats-Unis) en 1995, un témoin avait soutenu que le suspect était accompagné d’un complice lorsqu’il s’était présenté pour louer le véhicule ayant servi à l’attentat. Il réussit même à convaincre deux de ses collègues de la présence de ce second individu.

Une enquête menée en Australie (Paterson et Kemp, 2006) montre que la présence de plusieurs témoins sur les lieux du crime est une situation courante. En effet, 86 % des témoins oculaires interrogés ont indiqué la présence d’au moins un autre témoin.

Des discussions se sont très fréquemment engagées entre ces personnes. Jusqu’à 24 heures après le délit, la raison principale de ces conversations étaient d’échanger des informations sur le crime.

Lorsqu’une enquête de police a été menée, les policiers avaient encouragé 24 % et découragé 14 % des répondants à parler avec d’autres témoins. Dans les cas où un procès s’est tenu, 20 % des sujets ont été découragés à parler avec d’autres témoins et aucun n’a été encouragé à le faire.

Référence :

Paterson, H.M., & Kemp, R. (2006). Co-witnesses talk : A survey of eyewitness discussion. Psychology, Crime & Law, 12, 181-191.

Mots-clés :

Témoignage oculaire - Co-témoin - Discussion - Enquête - Adultes

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