Emotion et souvenirs d’un crime

17 avril 2009 par Frank Arnould

Une expérience décrit les relations complexes entre émotion et mémoire d’un crime chez des étudiants jouant le rôle de voleurs.

PNG - 81.3 ko

Heather Price et ses collègues de l’Université Simon Fraser, au Canada, proposent à des étudiants de jouer le rôle de voleurs. Leur méfait consiste à aller dérober un sujet d’examen stocké dans l’ordinateur d’un professeur. À l’aide de consignes appropriées, la tentative de vol est rendue plus ou moins stressante selon les sujets (le niveau d’éveil émotionnel provoqué est vérifié par le rythme cardiaque et la pression sanguine). Deux semaines après les faits, les « voleurs » sont interrogés au moyen d’un entretien cognitif. Ils doivent également dessiner le chemin conduisant au bureau du professeur, ainsi que la scène du crime, en indiquant sur la carte le plus grand nombre d’éléments possibles.

Les psychologues constatent que les voleurs se souviennent mieux d’informations proximales que d’informations distales. Les premières sont liées au crime lui-même, les secondes aux évènements précédant et succédant le vol. Ils observent également qu’un niveau d’éveil émotionnel élevé n’améliore pas la mémoire des informations proximales par rapport aux informations distales. Lorsque le niveau d’éveil émotionnel croit, les participants dessinent un plus grand nombre d’éléments corrects sur la carte.

Dans les comptes rendus verbaux des interrogatoires, les chercheurs analysent les souvenirs de toutes sortes de détails (mémoire des objets, des lieux, des émotions, des personnes…). En fonction du type d’éléments, ils constatent que l’éveil améliore ou détériore le rappel verbal des souvenirs, ou encore n’a pas d’effet sur lui.

Heather Price et ses collègues notent que leur étude est la première à analyser l’impact de l’éveil émotionnel sur la mémoire de délinquants. Leurs résultats suggèrent que les relations entre ces deux facteurs sont complexes.

Référence :

Price, H.L., Lee, Z., & Read, J.D. (2009). Memory for committing a crime : Effects of arousal, proximity, and gender. American Journal of Psychology, 122(1), 75-88.

Mots clés :

Mémoire – Crime – Vol – Emotion - Adultes

Crédit photo :

Jean
Certains droits réservés (Licence Creative Commons)