Faux souvenirs : différences à l’encodage

10 mai 2011 par Frank Arnould

La vulnérabilité aux faux souvenirs associatifs dépendrait de la manière dont les personnes codent habituellement les informations.

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En 1890, le psychologue américain William James énonce, dans le chapitre 19 de ses Principles of Psychology, la loi générale de la perception : « […] tandis qu’une partie de ce que nous percevons provient de nos sens à partir de l’objet devant nous, une autre partie provient toujours […] de notre propre cerveau. » (p. 747, notre traduction).

Selon une nouvelle étude publiée par des psychologues de l’Université de Liège et de l’Université de Genève (Dehon, Larøi, & Linden, 2011), certaines personnes seraient plus vulnérables que d’autres aux faux souvenirs associatifs. Les chercheurs ont proposé à 188 volontaires de mémoriser des listes de mots. Les mots de chaque liste étaient associés à un autre mot qui n’était jamais présenté (leurre critique). Conformément à ce qui est généralement observé dans ce type d’épreuve de mémoire (paradigme DRM), les participants ont ensuite eu tendance à se souvenir à tort des leurres critiques lorsqu’il leur a été demandé de rappeler les mots étudiés.

Cependant, l’équipe de recherche a fait une nouvelle découverte. Ces faux rappels étaient encore plus nombreux chez les individus (dits « codeurs internes ») ayant tendance à appliquer leurs connaissances schématiques préexistantes sur les stimuli qu’ils encodent, et ce, par rapport aux individus (dits « codeurs extermes ») se servant préférentiellement de repères environnementaux. Les résultats ont également indiqué que les codeurs internes avaient de plus grandes difficultés à contrôler la source des souvenirs.

De quelle manière les sujets ont-ils été répartis entre codeurs internes et externes ? Pour cela, les participants ont été invités à remplir un questionnaire concernant les « illusions d’une fraction de seconde ». Par exemple, l’une des questions posées était la suivante : « Parfois, quand je suis au volant, je vois un morceau de papier ou une feuille soulevés par le vent et, pendant une fraction de seconde, je pense qu’il pourrait s’agir d’un animal (par exemple, un écureuil ou un chat). » Les codeurs internes ont plus souvent tendance à faire ce genre d’expériences que les codeurs externes.

Référence :

Dehon, H., Larøi, F., & Linden, M. V. der. (2011). The influence of encoding style on the production of false memories in the DRM paradigm : New insights on individual differences in false memory susceptibility ? Personality and Individual Differences, 50(5), 583-587.

Mots clés :

Faux souvenirs – Paradime DRM (Deese-Roediger-McDermott) – Personnalité – Style d’encodage – Cognition – Adultes

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Sous-rubrique Actualités de la recherche – Faux souvenirs et suggestibilité

Crédit photo :

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