• Accueil
  • Actualités
  • Identification d’un suspect : les témoins rapides ne sont pas toujours précis

Identification d’un suspect : les témoins rapides ne sont pas toujours précis

25 juillet 2007 par Frank Arnould

Des travaux montrent que les témoins qui identifient précisément l’auteur d’un crime prennent leur décision plus rapidement que ceux qui identifient un suspect innocent. Des chercheurs de l’Université du Tennessee à Chattanooga aux Etats-Unis ont découvert que ce constat n’est pas toujours vrai.

Des travaux montrent que les témoins qui identifient précisément l’auteur d’un crime prennent leur décision plus rapidement que ceux qui identifient un suspect innocent. Toutefois, selon les résultats d’une expérience publiée par des chercheurs de l’Université du Tennesse à Chattanooga aux Etats-Unis, ce constat ne serait pas absolu (Ross, Benton, McDonnell, Metzger & Silver, 2007). Dans leur étude, le temps nécessaire pris par les témoins qui identifient dans un tapissage un suspect innocent ressemblant le plus à l’auteur d’un vol est identique à celui des témoins qui identifient avec exactitude le coupable. Tous ces témoins sont plus rapides que ceux identifiant un distracteur innocent moins ressemblant. Autrement dit, dès qu’un suspect innocent se détache des autres distracteurs du tapissage, parce qu’il ressemble au coupable, la latence de l’identification n’est plus un critère discriminant les témoins précis des témoins imprécis.

Dunning & Perretta (2002) ont constaté que 87 % des témoins qui prennent leur décision en moins de 10 à 12 secondes sont précis, contre 50 % de ceux qui l’identifient au-delà de cette frontière temporelle. Les résultats obtenus par Ross et al. (2007) ne confirment pas cette limite : dans leur étude, elle se situe aux alentours de 25 secondes et 59 % des témoins qui prennent leur décision en deçà de cette frontière temporelle sont précis (la règle des 10 à 12 secondes est également nuancée dans les travaux de Brewer, Caon, Todd & Weber [2006] et de Weber, Brewer, Wells, Semmler & Keast [2004]).

Références :

Brewer, N., Caon, A., Todd, C., & Weber, N. (2006). Eyewitness identification accuracy and response latency. Law and Human Behavior, 20, 31-50.

Dunning, D., & Perretta, S. (2002). Automaticity and eyewitness accuracy : A 10- to 12-second rule for distinguishing accurate from inaccurate positive identification. Journal of Applied Psychology, 87, 951-962.

Ross, D. F., Benton, T. R., McDonnell, S., Metzger, R., & Silver, C. (2007). When accurate and inaccurate eyewitnesses look the same : A limitation of the "pop out" effect and the 10- to 12-second rule. Applied Cognitive Psychology, 21, 677-690.

Weber, N., Brewer, N., Wells, G. L., Semmler, C., & Keast, A. (2004). Eyewitness identification accuracy and response latency : The unruly 10-12 second rule. Journal of Experimental Psychology : Applied, 10, 139-147.

Mots-clés :

Tapissage, Latence de la réponse, Identification, Ressemblance, Mémoire, Cognition, Règle des 10 à 12 secondes

A lire également sur PsychoTémoins :

Pour une poignée de secondes : temps de décision et précision de l’identification d’un suspect

La latence de la réponse dans l’identification d’un suspect : un marqueur de l’exactitude du témoignage ?