Identification d’un suspect qui a changé d’apparence physique

1er décembre 2006 par Frank Arnould

Un malfaiteur peut avoir changé d’apparence physique entre le moment où il a perpétré le délit et celui où il est présenté dans une parade d’identification. Ces changements peuvent être volontaires (une coupe de cheveux différente, une barbe rasée...) ou être le résultat du vieillissement.

Dans la situation où le malfaiteur est présent dans la parade d’identification, l’étude de Pozzulo et Marciniak (2006) confirme que le taux d’identification correcte est plus faible lorsque celui-ci a changé d’apparence physique (sa coupe de cheveux). Ce résultat est obtenu aussi bien dans un tapissage simultané (0,23 versus 0,67) que dans un tapissage séquentiel (0,23 versus 0,47). On remarquera deux choses : 1) aucune procédure de tapissage n’est supérieure à l’autre lorsque le délinquant a changé d’apparence et 2) le tapissage séquentiel réduit le taux d’identification correcte lorsque l’apparence est identique, la différence avec le tapissage simultané n’étant toutefois pas statistiquement significative. Dans tous les cas (apparence identique ou différente), les témoins qui ont participé à un tapissage séquentiel ont une plus grande tendance à choisir un distracteur dans le tapissage.

Lorsque le malfaiteur n’est pas présenté dans le tapissage, le taux de rejet correct (les témoins indiquent qu’aucun membre de la parade n’est le malfaiteur) ne diffère pas significativement selon les procédures (simultanée et séquentielle) et l’apparence (identique ou différente). Dans un tapissage simultané, ce taux est plus élevé lorsque le malfaiteur n’a pas la même apparence qu’au moment du délit (0.57 versus 0,50). Dans un tapissage séquentiel, le taux ne diffère pas significativement selon le changement ou non de l’apparence physique (0,60 versus 0,63).

L’utilisation d’un tapissage séquentiel est souvent recommandée en lieu et place du tapissage simultané pour deux raisons. Dans cette procédure, les témoins seraient plus enclins à rejeter un tapissage dans lequel le malfaiteur est absent sans réduire de manière importante le taux l’identification correcte lorsque celui-ci est présent. L’étude de Pozzulo et Marciniak (2006) montrent que cette supériorité du tapissage séquentiel n’est pas toujours garantie, en particulier dans les situations où le malfaiteur a changé d’apparence physique entre le moment du délit et celui de l’identification.

Référence :

Pozzulo, J.D., & Marciniak, S. (2006). Comparing identification procedures when the perpetrator has changed appearance. Psychology, Crime & Law, 12, 429-438.

Mots-clés :

Tapissage sequentiel, Tapissage simultané, Changement d’apparence, Témoignage oculaire.

A lire également sur PsychoTémoins :

L’identification par des enfants et des adultes d’un malfaiteur qui a changé d’apparence

Changement d’apparence et tapissage : faut-il prévenir le témoin ?