Identifications de suspects : un signe particulier [Mise à jour]

12 mars 2013 par Frank Arnould

Comment créer des parades d’identification équitables quand le suspect d’un crime présente un signe particulier ?

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L’une des règles de base dans la composition d’une parade d’identification consiste à éviter que le suspect d’un crime ne se démarque des figurants. L’objectif de ce principe est évident : empêcher d’attirer l’attention du témoin oculaire ou de la victime sur un individu précis.

Comment gérer alors les situations dans lesquelles le suspect présente un signe très particulier, comme une cicatrice ou un tatouage ? Une équipe de psychologues a testé deux stratégies possibles (Zarkadi, Wade & Stewart, 2009). A l’aide d’un logiciel de retouche d’images, les chercheurs ont reproduit le signe distinctif sur les photographies des figurants de la parade ou l’ont supprimé sur le cliché du suspect.

Après avoir étudié plusieurs visages comportant chacun un signe particulier (ecchymose, tatouage, piercing, moustache, cicatrice ou grain de beauté), les participants des expériences ont été invités à identifier ces personnes dans des tapissages de suspects. La construction de ces parades s’est faite selon la stratégie de reproduction ou d’élimination du signe distinctif. En outre, les visages étudiés étaient présents ou absents des tapissages.

Les chercheurs ont constaté que la technique de reproduction s’est avérée globalement supérieure à celle d’élimination, car elle a amélioré l’identification du suspect quand celui-ci était présent dans le tapissage, sans accroitre le nombre d’erreurs d’identification quand il en était absent.

[Mise à jour] Une nouvelle expérience vient de confirmer ce résultat (Badham, Wade, Watts, Woods & Maylor, 2013). Cependant, un fait nouveau a été découvert : les personnes âgées bénéficient moins de la stratégie de reproduction que les jeunes adultes. Comment expliquer cela ? Les auteurs de l’expérience pensent que les personnes âgées, ayant une mémoire associative plus défaillante, ont moins bien mémorisé les associations entre signes particuliers et visages. Par conséquent, les différences d’âge en leur défaveur apparaissent plus volontiers quand les parades d’identification sont construites avec la stratégie de reproduction qui exige de la part des témoins l’activation de ces souvenirs associatifs.

Publié le 12 novembre 2009
Mis à jour le 12 mars 2013

Références :

Badham, S. P., Wade, K. A., Watts, H. J. E., Woods, N. G., & Maylor, E. A. (2013). Replicating distinctive facial features in lineups : identification performance in young versus older adults. Psychonomic Bulletin & Review, 20(2), 1‑7. doi:10.3758/s13423-012-0339-2

Zarkadi, T., Wade, K. A., & Stewart, N. (2009). Creating fair lineups for suspects with distinctive features. Psychological Science, 20(12), 1448-1453. doi:10.1111/j.1467-9280.2009.02463.x

Mots clés :

Témoignage oculaire – Parade d’identification – Tapissage de police – Suspect – Signe distinctif – Mémoire – Cognition – Adultes jeunes - Personnes âgées - Vieillissement

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