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L’aptitude à détecter le mensonge dans les témoignages d’enfants et d’adultes

10 mai 2006 par Frank Arnould

Est-ce que des observateurs non expérimentés dans la pratique du témoignage (comme des jurés, par exemple) sont capables de détecter si des témoins ou des victimes mentent ou disent la vérité ? C’est cette question qu’étudient Goodman, Luten, Edelstein & Ekman (2006) dans une recherche parue dans Law and Human Behavior.

Dans leur étude, des observateurs non entraînés (des étudiants) visionnent des interrogatoires d’enfants de 5 à 7 ans et d’adultes qui disent la vérité ou mentent à propos de contacts corporels sur le ventre, le nez et le cou perpétrés par un assistant de recherche au cours d’une session de jeu. Cinq résultats principaux, dans le contexte de cette étude, sont à retenir :

- de manière générale, la précision dans la détection du mensonge est de 50%, ce qui indique que la performance d’observateurs non entraînés n’excède pas la chance ;

- les mensonges des enfants sont mieux détectés que ceux des adultes et la vérité est mieux détectée chez les adultes que chez les enfants ;

- les analyses indiquent que les témoignages adultes sont plus souvent jugés vrais, ce que les auteurs appellent un biais de vérité (truth bias) ;

- les observateurs féminins ont plus tendance que leurs homologues masculins à juger que les enfants et les adultes disent la vérité ;

- lorsque des observateurs détectent avec précision que les enfants mentent, ils sont tout aussi précis pour les adultes. Ce résultat indiquerait que les variabilités interindividuelles dans la détection du mensonge sont stables.

Référence :

Goodman, G.S, Luten, T.L., Edelstein, R.S., Ekman, P.(2006). Detecting lies in children and adults. Law and Human Behavior, 30, 1-10.

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