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L’effet d’ombrage verbal : code verbal et distinctivité des visages

21 juin 2006 par Frank Arnould

Wickham & Swift (2006) ont testé une nouvelle hypothèse pour expliquer l’effet d’ombrage verbal. Selon eux, un visage serait codé visuellement mais aussi verbalement. Ce code verbal pourrait alors faciliter sa reconnaissance. Aussi, lorsqu’un sujet, après avoir visionné un visage, doit en faire une description, le nouveau code verbal généré réduirait l’accès au code verbal original. Le visage sera alors moins bien identifié.

Dans leur étude, les participants (anglophones) visionnent un visage tout en effectuant une tâche de suppression articulatoire en répétant le mot "the". L’objectif de cette tâche, bien connue en psychologie cognitive, est ici d’empêcher le codage verbal du visage. Pour le groupe contrôle, la suppression articulatoire est remplacée par une tâche de tapping (taper du doigt). Les sujets doivent ensuite décrire ou non le visage puis essayer de le reconnaître parmi des distracteurs. Cette procédure est reproduite pour douze visages au total.

Les résultats montrent que la suppression articulatoire réduit l’identification des visages. Ce résultat confirme bien l’hypothèse selon laquelle les visages seraient codés visuellement et verbalement. De plus, la suppression articulatoire réduit l’effet d’ombrage verbal. Pour quelle raison ? la suppression articulatoire n’a pas permis de générer un code verbal initial et donc la description n’a pas pu en empêcher l’accès au moment de la reconnaissance.

Les auteurs ont montré également que tous les visages ne sont pas égaux face à l’ombrage verbal : les visages distinctifs ne subissent pas cet effet, contrairement aux visages plus communs, typiques. En effet, on peut supposer que le code visuel d’un visage distinctif serait suffisant pour le reconnaître parmi des distracteurs. Par contre, les visages communs auraient des codes visuels similaires et des informations verbales supplémentaires seraient nécessaires pour faciliter la reconnaissance.

Référence :

Wikham, L.H.V., & Swift, H. (2006). Articulatory suppression attenuates the verbal overshadowing effet : A role for verbal encoding in face identification. Applied Cognitive Psychology, 20, 157-169.

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