L’impact du témoignage sur les aveux d’un suspect

21 juin 2006 par Frank Arnould

Dans l’étude de Kebbell, Hurren & Roberts (2006), des étudiants doivent jouer le rôle d’un voleur qui dérobe un téléphone portable. Ils participent ensuite à un interrogatoire de police simulé, au cours duquel un compte rendu exact ou erroné d’un témoin leur est présenté. Celui-ci est détaillé ou non.

Par rapport à un compte rendu erroné, lorsque le témoignage est précis, les "suspects" estiment qu’il est plus probable qu’ils avouent. Et effectivement, les aveux réels sont significativement plus importants. Les suspects estiment que la force de la preuve, leur sentiment de culpabilité et leur perception de la pression à avouer sont plus élévées lorsque le témoignage est précis. Par contre, et contrairement aux attentes des auteurs, le niveau de détail des témoignages n’a aucune influence sur toutes ces variables.

Les auteurs envisagent des implications de leurs résultats dans la pratique des interrogatoires de police. Par exemple, présenter des preuves inexactes pourrait encourager le suspect à ne pas avouer.

L’étude de Kebbell et al. (2006) est, semble-t-il, la première à essayer de reproduire en laboratoire l’influence de la preuve sur la décision d’avouer d’un suspect. Leur paradigme expérimental pourrait donc servir à tester différentes techniques d’interrogatoire de police. Il faut, bien sûr, garder à l’esprit les difficultés de généralisation à des situations réelles de ce type de travaux : les conséquences pour un étudiant qui joue le rôle d’un voleur ne sont pas les mêmes que pour un véritable suspect !

Référence :

Kebbell, M.R., Hurren, E.J., & Roberts, S. (2006). Mock-suspects’ decision to confess : The accuracy of eyewitness evidence is critical. Applied Cognitive Psychology, 20, 477-486.

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