Le témoignage auditif : sous quelles influences ?

26 avril 2006 par Frank Arnould

Kerstholt, Jansen, Amerlsvoort & Broeders (2006) ont étudié, chez 360 sujets néerlandais, l’influence de plusieurs variables sur l’identification d’une voix.

En premier lieu, il apparaît que 24 % des sujets identifient correctement une voix dans un tapissage avec cible présente et que 50 % des participants identifient par erreur une voix dans un tapissage avec cible absente. Les auteurs font remarquer que leurs données suggèrent qu’il existe une probabilité de 8 % pour qu’un suspect innocent puisse être identifié par erreur comme étant le malfaiteur.

Les résultats montrent une tendance à mieux identifier une voix avec un accent standard qu’une voix avec un accent non familier. Il s’agit en quelque sorte d’un équivalent de l’effet trans-ethnique découvert dans l’identification des visages.

Les auteurs avaient émis l’hypothèse qu’un tapissage de voix par téléphone pourrait détériorer la performance de l’identification en raison d’une réduction de l’étendue des fréquences sonores obtenue avec un tel matériel. Ce n’est cependant pas le cas, que la voix ait été entendue initialement de manière naturelle ou par téléphone. Pour les auteurs, ce résultat pourrait signifier que les éléments essentiels pour reconnaître une voix existent déjà dans une voix transmise par téléphone.

Aucune différence significative n’a été observée en fonction de l’intervalle de rétention (une, trois ou huit semaines). Même après un delai long, la performance ne se détériore pas, elle s’améliore même après trois semaines dans le tapissage avec cible absente par rapport à un intervalle d’une semaine (65 % versus 35 % de rejets corrects).

Référence :

Kerstholt, J.H., Jansen, N.J.M., van Amelsvoort, & Broeders, A.P.A. (2006). Earwitness : Effects of accent, retention and telephone. Applied Cognitive Psychology, 20, 187-197.