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Les enfants sont-ils capables de maintenir un mensonge au cours d’un interrogatoire ?

16 février 2007 par Frank Arnould

Des enfants à qui l’on a demandé de mentir à propos d’attouchements corporels vont-ils maintenir ces fausses allégations de manière consistante au cours d’un interrogatoire comportant des questions répétées sur ces contacts corporels ? Le fait de mentir peut-il avoir une influence sur la mémoire des détails sans rapport avec le mensonge ?

Si l’on demande à des enfants de mentir à propos d’attouchements corporels (sur l’estomac, le cou et la nuque) qu’ils n’ont pas subis, ceux-ci sont capables de maintenir leurs mensonges tout au long d’un interrogatoire, comportant des questions directes et répétées sur ces contacts corporels. C’est, en tout cas, ce qu’indique les résultats d’une recherche publiée par Quas, Davis, Goodman et Myers (2007), obtenus sur des enfants de 4 à 7 ans. Mais le fait de maintenir un mensonge semble avoir un coût cognitif pour ces enfants. Ils sont en effet moins précis lorsqu’il s’agit pour eux de répondre à des questions sans rapport avec le mensonge, comparativement aux enfants à qui l’on demande de dire la vérité [1].

Les enfants qui n’avaient pas subi de contacts corporels mais à qui l’on demande de dire la vérité dans l’interrogatoire, se sont révélés être précis et cohérents dans leur réponses. Par contre, ceux pour qui les attouchements ont été réels, et qui devaient dire la vérité, sont apparus comme les moins précis et les plus incohérents au cours de l’interrogatoire. La cohérence des propos est généralement considérée comme un indicateur de crédibilité du témoignage. La recherche de Quas et al. (2007) jette un doute sur la validité générale de ce critère.

Référence :

Quas, J.A., Davis, E.L., Goodman, G.S., & Myers, J.E.B. (2007). Repeated questions, deception, and chlidren’s true and false reports of body touch. Child Maltreatment, 12, 60-67.

Mots-clés :

Témoignage, Attouchement corporel, Mémoire, Mensonge, Suggestibilité, Questions répétées, Enfant


[1] Ces détails font référence à des contacts corporels sur des parties du corps qu’aucun enfant de l’expérience n’a subi.