Les références au temps dans les témoignages d’enfants

31 août 2007 par Frank Arnould

Yael Orbach, du National Institute of Child Health and Human Development aux Etats-Unis, et Michael Lamb, de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, ont analysé les références verbales temporelles dans les allégations d’abus sexuels recueillies chez des enfants de quatre et dix ans.

Lorsque des enfants sont soupçonnés d’avoir subi des abus sexuels, il est important de recueillir des informations sur le contexte temporel dans lequel se sont déroulés les événements. Dans un article venant de paraître, Yael Orbach, du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) aux Etats-Unis, et Michael Lamb, de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, analysent le développement des références verbales aux éléments temporels dans les allégations d’abus sexuels de deux cent cinquante enfants âgés de quatre à dix ans (Orbach & Lamb, 2007). Le témoignage des victimes soupçonnées a été obtenu à l’aide du protocole d’entretien du NICHD (Orbach et al., 2000), qui repose essentiellement sur la pratique des questions ouvertes.

Plus les enfants avancent en âge, plus ils font référence dans leurs propos aux aspects temporels des événements qu’ils relatent. Deux attributs temporels commencent d’ailleurs à être réellement maîtrisés seulement chez les enfants de dix ans : la capacité à relater à rebours la séquence des épisodes (par exemple, « Il était furieux parce que je lui avais dit que je pourrais en parler à ma mère ») et à localiser dans le temps des moments ou dates spécifiques (par exemple, « le 23 septembre », « deux jours avant mon anniversaire »).

Les chercheurs observent également que les références temporelles sont plus nombreuses quand les enfants doivent rappeler spontanément les événements en cause, plutôt qu’en réponse à des questions de reconnaissance temporelles spécifiques (par exemple : « Cela s’est passé la nuit, n’est-ce pas ? »). Ce point est important à considérer puisque les propos spontanés ont plus de chance d’être précis.

Références :

Orbach, Y., Hershkovitz, I., Lamb, M. E., Sternberg, K. J., Esplin, P. W., & Horowitz, D. (2000). Assessing the value of structured protocols for forensic interviews of alleged child abuse victims. Child Abuse & Neglect, 24, 733-752.

Orbach, Y., & Lamb, M. E. (2007). Young Children’s references to temporal attributes of allegedly experienced events in the course of forensic interviews. Child Development, 78, 1100-1120.

Mots-clés :

Développement cognitif, Abus sexuel, Entretien, Temps, Mémoire temporelle, NICHD, Enfants

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