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Portraits-robots, mémoire des visages et description verbale : effets sur l’identification

4 janvier 2007 par Frank Arnould

Brace, Pike, Allen et Kemp (2006) avaient demandé à des opérateurs de construire le portrait-robot du visage de personnes célèbres à l’aide du logiciel E-FIT, selon quatre conditions expérimentales :

- l’opérateur travaillait seul, de mémoire ;
- l’opérateur travaillait seul à l’aide d’une photographie de la personne ;
- l’opérateur travaillait avec un autre sujet, le descripteur (qui jouait en quelque sorte le rôle d’un témoin) à partir de la description verbale du visage faite de mémoire par ce dernier ;
- l’opérateur travaillait avec le descripteur qui lui décrivait verbalement le visage à partir d’une photographie.

Les résultats montrent que deux tiers des portraits-robots sont ensuite correctement identifiés par au moins une personne. Les portraits-robots construits par l’opérateur seul sont mieux identifiés que ceux construits en collaboration avec le descripteur. Dans ce dernier cas, les portraits robots sont plus précis lorsque le descripteur a utilisé une photographie que lorsque sa description du visage a été faite de mémoire. Cette différence n’existe pas pour les portraits-robots construits par l’opérateur seul.

Dans une autre expérience, les auteurs ont constaté que la ressemblance entre les portraits-robots et les visages des personnes célèbres était, en général, plutôt faible : la moyenne des jugements était de 3,6 sur une échelle en dix points. De manière parallèle aux résultats de l’expérience précédente, la ressemblance était jugée plus élevée lorsque les portraits-robots étaient réalisés par l’opérateur seul (pas de différence significative lorsque le portrait-robot était réalisé à l’aide d’une photographie ou de mémoire). Les portraits-robots élaborés à partir des descriptions verbales du « témoin » étaient jugés plus ressemblants aux visages lorsque le descripteur a pu s’aider d’une photographie que lorsque la description se faisait de mémoire.

Pour les auteurs, ces données montrent que la précision des portraits-robots est limitée par la mémoire des visages et les descriptions verbales des témoins. Il faut rester prudent sur la généralisation des résultats, en particulier aux situations dans lesquelles un visage non familier est impliqué.

Référence :

Brace, N.A., Pike, G.E., Allen, P., & Kemp, R.I. (2006). Identifying composites of famous faces : Investigating memory, language and system issues. Psychology, Crime & Law, 12, 351-366.

Mots-clés :

Portrait-robot, Mémoire des visages, Langage, Description verbale, E-FIT, Ressemblance, Identification.

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