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Que savent les policiers et le grand public sur l’identification de la voix d’un malfaiteur ?

24 janvier 2007 par Frank Arnould

Philippon, Cherryman, Bull et Vrij (2006) ont demandé à des policiers et des personnes issues de la population générale du sud de l’Angleterre, de répondre à un questionnaire évaluant leurs connaissances des facteurs qui influencent la précision de l’identification de la voix d’un malfaiteur. On comprend aisément l’intérêt d’interroger des policiers sur ce sujet. Ce qu’en pense le grand public a aussi son importance : c’est dans la population générale que sont choisis les jurés.

Cette enquête montre que, de manière générale, les sujets de l’étude ont de bonnes connaissances sur l’identification de la voix d’un malfaiteur. Pour une majorité des facteurs testés, leurs conceptions sont proches des résultats de la recherche scientifique, sauf pour l’effet de l’âge et la fiabilité générale de l’identification auditive. Les policiers de l’étude ne se distinguent guère de la population générale. Les auteurs notent ainsi qu’il ne semble pas que leur expérience leur donne un avantage sur le grand public dans ce domaine.

Traduction du questionnaire sur l’identification de la voix de Philippon et al. (2006) :

Les sujets doivent signifier leur degré d’accord sur une échelle de Likert en cinq points. Les réponses sont codées de manière à ce que le score le plus élevé représente une connaissance la plus proche des résultats de la recherche scientifique sur le sujet. Certains items mesurent des facteurs identiques.

Identifier une voix qui n’a été entendue qu’une seule fois est une tâche facile.

Les femmes reconnaissent mieux une voix féminine qu’une voix masculine.

Les hommes reconnaissent mieux une voix masculine qu’une voix féminine.

Identifier une voix familière est aussi difficile que d’identifier une voix entendue une seule fois.

Les voix d’hommes sont plus difficiles à reconnaître que les voix de femmes.

Certaines personnes ont des voix très distinctives. Néanmoins, cela ne les rend pas plus faciles à reconnaître.

Un jury devrait juger coupable un suspect lorsqu’un témoin se dit très confiant dans l’identification de sa voix.

Les personnes qui ne parlent pas la langue du coupable ont moins de chance de reconnaître sa voix que des personnes dont la langue maternelle est la même que celle du coupable.

Il est plus facile de mémoriser une voix si la personne comprend la langue du coupable.

Un témoignage devrait être écarté si le témoin n’est pas sûr de sa reconnaissance de la voix du coupable.

Les personnes âgées identifient moins bien une voix entendue une seule fois.

La précision de l’identification d’une voix se détériore lorsque le temps séparant l’audition de la voix et sa reconnaissance augmente.

La violence d’un crime n’a pas d’impact sur la mémoire et ultérieurement, sur l’identification de la voix du coupable.

Dans l’ensemble, le témoignage auditif constitue une preuve peu fiable.

Référence :

Philippon, A.C., Cherryman, J., Bull, R., & Vrij, A. Lay people and police officers’ attitudes towards the usefulness of perpetrator voice identification. Applied Cognitive Psychology, 21,103-115.

Mots-clés :

Témoignage, Identification de la voix, Enquête, Policier, Population générale.