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Stress et mémoire : les conséquences négatives de la rumination des souvenirs

17 janvier 2012 par Frank Arnould

Ruminer les souvenirs concernant les victimes d’un accident de la route détériorerait la mémoire des autres détails de la scène.

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Plusieurs équipes de recherches ont constaté que les personnes se souviennent mieux des détails centraux d’une situation stressante que de ses détails périphériques (Christianson, 1992 ; Levine & Edelstein, 2009). Des psychologues australiens ont découvert que ce phénomène était exacerbé quand les individus avaient « ruminé » les souvenirs centraux (Small, Kenny, & Bryant, 2011).

Un groupe de 52 étudiants volontaires a pris part à l’expérience. Après avoir visionné l’enregistrement vidéo des suites d’un accident de la route, une partie des sujets a été invitée, pendant cinq minutes, à porter attention et à penser à leurs souvenirs des victimes. Tous les participants ont ensuite répondu à 38 questions. Dix-sept d’entre elles portaient sur les détails centraux de la scène (les victimes) et les 21 autres sur les détails périphériques.

Les résultats ont montré que, dans l’ensemble, les détails centraux étaient mieux remémorés que les détails périphériques. Néanmoins, les participants ayant ruminé leurs souvenirs des victimes se sont encore moins bien souvenus des éléments périphériques que les autres participants.

Selon les chercheurs, plusieurs explications pourraient rendre compte de ces résultats. La focalisation sur les souvenirs centraux a pu accentuer la tendance à mieux se souvenir de ce type d’élements par rapport aux détails périphériques.

Les participants à l’expérience ont aussi pu manifester un oubli induit par la récupération. Ce phénomène est constaté quand le fait de se souvenir de certains éléments détériore les souvenirs des autres éléments qui leur sont associés (Anderson, Bjork, & Bjork, 1994). Cependant, les auteurs de l’étude ont rappelé que cette forme d’oubli n’a pas été constatée jusqu’à présent dans des études utilisant des stimuli affectifs. De plus, leur expérience n’a pas suivi la méthodologie habituelle pour mettre en évidence ce phénomène.

Références :

Anderson, M. C., Bjork, R. A., & Bjork, E. L. (1994). Remembering can cause forgetting : Retrieval dynamics in long-term memory. Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory, and Cognition, 20(5), 1063-1087.

Christianson, S. A. (1992). Emotional stress and eyewitness memory : A critical review. Psychological Bulletin, 112(2), 284-309.

Levine, L. J., & Edelstein, R. S. (2009). Emotion and memory narrowing : A review and goal-relevance approach. Cognition & Emotion, 23(5), 833.

Small, L., Kenny, L., & Bryant, R. A. (2011). The cost in remembering of ruminating on negative memories. Emotion, 11(6), 1434-1438.

Mots clés :

Témoignage oculaire – Traumatisme – Stress – Mémoire – Cognition – Adultes

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Crédit photo :

Vincent Desjardins

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