Un biais dans l’estimation de la fiabilité d’un témoin

18 avril 2008 par Frank Arnould

Selon une étude suédoise, l’évaluation de la fiabilité d’un témoin dépend de son appartenance ethnique.

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Les témoins se succédant à la barre au cours d’un procès n’ont pas forcément tous une mémoire identique du crime. Certains se le remémorent avec plus d’exactitude que d’autres. Dans une expérience publiée récemment, la psychologue Torun Lindholm constate que des étudiants suédois jugent plus fiable une personne dont le témoignage est précis plutôt qu’imprécis, du moins, si le témoin est lui-même suédois (Lindholm, 2008) ! Lorsqu’il est immigré et appartient à une ethnie différente, il est jugé peu fiable, même si sa mémoire du crime est précise ! Pour quelles raisons les témoignages de personnes d’origine étrangère sont-ils perçus plus défavorablement ? Outre le rôle possible joué par les préjugés ethniques négatifs, Torun Lindholm pense que les difficultés de ces personnes à s’exprimer dans une langue autre que leur langue maternelle peuvent être interprétées, par erreur, comme des signes d’un manque de crédibilité. La psychologue imagine un scénario dans lequel un immigré, qu’il soit témoin, victime ou suspect, relaterait certains aspects d’un crime s’opposant aux dires d’un témoin natif. Ses propos risqueraient donc d’être jugés plus fréquemment comme étant les moins crédibles.

Référence :

Lindholm, T. (2008). Validity in judgments of high- and low-accurate witnesses of own and other ethnic groups. Legal and Criminological Psychology, 13(1), 107-121.

Mots clés :

Crédibilité du témoignage, Biais, Ethnie, Adultes

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RaeA
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