Vrais et faux souvenirs sous l’œil du scanner

28 octobre 2010 par Frank Arnould

Les zones cérébrales impliquées dans le traitement précoce des informations sensorielles permettraient de distinguer vrais et faux souvenirs.

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L’équipe dirigée par Craig Clark, de l’Université de Californie à Irvine, États-Unis, publie les résultats d’une étude d’imagerie cérébrale par résonance magnétique fonctionnelle, suggérant que seules les zones cérébrales impliquées dans le traitement précoce des informations sensorielles permettraient de distinguer vrais et faux souvenirs.

Les participants visionnent tout d’abord plusieurs séries de diapositives, chaque série décrivant une situation particulière. Le lendemain, ils écoutent des récits décrivant les différents évènements et contenant des informations erronées par rapport à ce qu’ils ont précédemment vu.

Quelques minutes plus tard, après avoir pris place dans le scanner, les sujets sont soumis à un test de reconnaissance des faits relatés dans les diapositives. Différentes scènes sont décrites par de courtes phrases, présentées visuellement. Les souvenirs des faits sont exacts quand les participants reconnaissent les descriptions correspondant à ce qu’ils ont vu dans les diapositives. Ils sont faux quand ils reconnaissent des descriptions correspondant aux informations erronées entendues dans les récits.

Dans ce protocole expérimental, rapporter de faux souvenirs active le cortex auditif (plus spécifiquement, le gyrus temporal supérieur de l’hémisphère gauche)… alors même que les personnes pensent avoir vu les faits qu’ils reconnaissent à tort ! Rapporter de vrais souvenirs est associé à une activation des zones cérébrales impliquées dans le traitement précoce des informations visuelles (régions postérieures du cortex visuel). Celles impliquées dans leur traitement plus tardif (régions antérieures du cortex visuel) ne permettent pas de distinguer vrais et faux souvenirs.

Ces résultats incitent-ils à produire des données d’imagerie cérébrale au cours d’un procès pour évaluer la crédibilité d’un témoin oculaire ? Une remarque des auteurs de l’étude invite à la prudence : « ces différences [entre vrais et faux souvenirs] reposent sur une moyenne faite à partir d’essais multiples et sur plusieurs participants, ce qui n’implique pas qu’elles puissent être utilisées pour distinguer vrais et faux souvenirs à des niveaux plus fin d’analyse. » (p. 487, notre traduction).

Gyrus temporal supérieur (en rouge)

Référence :

Stark, C. E. L., Okado, Y., & Loftus, E. F. (2010). Imaging the reconstruction of true and false memories using sensory reactivation and the misinformation paradigms. Learning & Memory, 17(10), 485-488.

Mots clés :

Témoignage oculaire – Fausse information – Faux souvenirs induits – Suggestibilité – Mémoire – Récupération des souvenirs - Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle – IRMf – Cortex visuel – Cortex auditif – Adultes

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